
Tous les jours, lorsque nous choisissons de porter une ceinture de sécurité en voiture, de ne pas porter de casque en vélo, de ne pas sauter en parachute, ou de voyager à l’étranger sans assurance, nous calculons nos risques de façon plus ou moins consciente.
L’évaluation et la gestion des risques commençaient déjà à prendre forme au XIVe siècle, alors que les assureurs, qui cherchaient à partager les risques associés à l’expédition des marchandises parmi un ensemble d’investisseurs, commençaient à formuler les concepts fondamentaux de l’évaluation des risques[i].
Aujourd’hui, les gouvernements et l’industrie s’emploient au calcul des risques sur une base continue, généralement par le biais d’évaluations de risques formelles, réalisées selon un protocole structuré et systématique visant à déterminer la probabilité d’un incident et l’ampleur probable des conséquences pour le système concerné à la suite d’une exposition à un danger quelconque (Des animaux en santé, un Canada en santé).
C’était en référence à ces évaluations de risques formelles qu’en 2009, le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire au Canada, au nom de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, a demandé au Conseil des académies canadiennes d’évaluer l’état et l’étendue des techniques d’évaluation des risques en santé animale, notamment en regard des risques pouvant perturber la santé humaine. Des événements relativement récents, comme les épidémies de SRAS, d’ESB (appelée plus communément la maladie de la « vache folle ») et de grippe H1N1, ont placé certains risques associés à la santé animale et humaine à l’avant-scène de l’actualité.
Après avoir examiné les preuves recueillies, le comité d’experts a déterminé que bien que l’évaluation des risques pour la santé animale au Canada s’appuyait sur des fondements solides reposant sur la connaissance et l’expertise, les pratiques en matière d’évaluation des risques pouvaient être améliorées en adoptant une approche plus intégrée. Le comité a également établi que pour que le Canada demeure un chef de file de l’évaluation des risques pour la santé animale, plusieurs activités devraient être améliorées, par exemple : en renforçant l’expertise et la capacité du pays au plan des connaissances; en élargissant l’éventail des répercussions étudiées par rapport aux incidents liés à la santé animale; en améliorant la communication entre les évaluateurs des risques, les gestionnaires et les parties prenantes; en assurant une plus grande transparence dans la prise des décisions; et en allouant les ressources requises pour réaliser des évaluations prospectives.
En 2009, le ministre de la Santé avait aussi demandé au Conseil des académies canadiennes d’examiner la pertinence scientifique d’employer des stratégies intégrées pour évaluer et réglementer les risques de l’utilisation des pesticides pour les humains et l’environnement.
Le comité a déterminé que le Canada avait l’occasion d’adopter et d’intégrer les technologies et approches nouvelles aux pratiques d’évaluation actuelles des risques chimiques. En mettant à profit les connaissances acquises dans des domaines tels que l’informatique, la biologie et la toxicologie computationnelle, il sera possible de rendre les évaluations plus prédictives, spécifiques, fiables, économiques et rapides, et de mieux éclairer l’évaluation des risques pour la santé humaine.
Le comité a également établi une liste de facteurs clés qui influencent les perceptions du public au regard de l’acceptabilité des risques chimiques. Ces facteurs sont :
- La répartition des risques et des avantages est plus importante que l’équilibre entre les risques et les avantages
- Les risques moins connus sont moins acceptables que les risques plus connus
- Les dangers qui évoquent la peur sont perçus plus négativement, même lorsque le niveau de risque est faible
- Les risques assumés volontairement sont plus acceptables que les risques imposés par autrui
- Les risques que les gens estiment pouvoir gérer sont plus acceptables que les autres risques
- Les risques imposés par des actions douteuses sur le plan éthique sont perçus négativement
- Les risques anthropogéniques sont généralement moins tolérables que les risques « naturels »
- Les risques relatifs comptent plus que les risques absolus
- La confiance accordée aux personnes qui gèrent les risques est capitale
Consultez la version intégrale du rapport Des animaux en santé, un Canada en santé
Consultez la version intégrale (en anglais) du rapport Integrating Emerging Technologies into Chemical Safety Assessment
[i] Mazur, A. (1980). Societal and Scientific Causes of the Historical Development of Risk Assessment. Dans J. Conrad (ed.), Society, Technology and Risk Assessment. Toronto (ON), Academic Press
